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Réflexions Sur Les Punitions qu'en pensez-vous?
#16 Noël KOLM (Invité)
Posté 13 mars 2010 - 19:35
Même la législation relative à la délinquance des mineurs pose comme principe que l'éducatif est la règle et le répressif l'exception. C'est la Loi (ordonnance de 1945 relative aux mineurs délinquants)
Ce n'est que lorsque l'on est démuni, que toutes les actions éducatives ont été tentées sans succès, que l'on peut être amené à la répression.
Et de toutes façons, jamais de façon méchante car il ne s'agit jamais d'entrer dans le registre de la vengeance.
La première des actions éducatives est d'accompagner les enfants et d'anticiper les problèmes pour , soit en permettre la confrontation, soit les éviter.
Et la confrontation à un problème n'a d'intérêt que si c'est pour que d'une expérience on tire de l'Expérience, c'est à dire de l'éducation.
Qui doit être puni? L'enfant qui a fait une "bêtise" ou l'animateur qui a laissé s'installer les conditions permettant qu'elle se fasse.
Noël KOLM
#17
Posté 14 mars 2010 - 01:22
Noël KOLM, le 13 mars 2010 - 19:35, dit :
Même la législation relative à la délinquance des mineurs pose comme principe que l'éducatif est la règle et le répressif l'exception. C'est la Loi (ordonnance de 1945 relative aux mineurs délinquants)
Ce n'est que lorsque l'on est démuni, que toutes les actions éducatives ont été tentées sans succès, que l'on peut être amené à la répression.
Et de toutes façons, jamais de façon méchante car il ne s'agit jamais d'entrer dans le registre de la vengeance.
La première des actions éducatives est d'accompagner les enfants et d'anticiper les problèmes pour , soit en permettre la confrontation, soit les éviter.
Et la confrontation à un problème n'a d'intérêt que si c'est pour que d'une expérience on tire de l'Expérience, c'est à dire de l'éducation.
Qui doit être puni? L'enfant qui a fait une "bêtise" ou l'animateur qui a laissé s'installer les conditions permettant qu'elle se fasse.
Noël KOLM
C'est un peu facile et consensuel comme réponse. La question de laballe est de trouver des pistes pour justement faire évoluer une équipe où la punition est rentrée dans les habitudes de gestion des conflits, sachant qu'elle n'a semble-t-il pas la position hiérarchique pour imposer des méthodes de travail et un directeur qui cautionne les méthodes employées.
#18
Posté 14 mars 2010 - 01:30
Citation
#19 Noël KOLM (Invité)
Posté 14 mars 2010 - 16:01
Olivier, le 14 mars 2010 - 01:22, dit :
Tu n'as sans doute pas bien lu TOUTE ma petite prose:
...
La première des actions éducatives est d'accompagner les enfants et d'anticiper les problèmes pour , soit en permettre la confrontation, soit les éviter.
Et la confrontation à un problème n'a d'intérêt que si c'est pour que d'une expérience on tire de l'Expérience, c'est à dire de l'éducation.
...
Ici se tient précisément le schéma général proposé pour aborder ce problème. En effet, j'y propose 2 pistes:
- éviter les problème
- aller à la confrontation.
Pour ce qui concerne la première proposition, elle consiste en clair à agir sur la vie de son groupe pour faire en sorte que les confrontations soient évitées. Par l'organisation des relations, par les activités judicieuses aux moments judicieux, par la position de l'animateur au sein de cette petite société, et en général par une action clairvoyante sur les situations avant qu'elles ne dégénèrent. C'est une action comportementaliste qui ne vise pas à régler les problèmes mais éviter qu'ils n'émergent. C'est l'action la plus facile mais la moins éducative. Il s'agit de faire en sorte que ça n'arrive pas.
La 2ème proposition est, elle, plus éducative. Elle consiste à prendre en charge les problèmes lorsqu'ils sont arrivés pour les élucider, faire en sorte que l'on en prenne conscience et que chacun comprenne ce qu'il a fait pour pouvoir, petit à petit, arriver à maîtriser ses pulsions, saisir ce qui fait que la colère monte, constater qu'on la laisse monter et que l'on finisse par avoir des comportements non adaptés à la situation et, donc, entre autres, explosifs.
Cette dernière proposition est évidemment beaucoup plus éducative en ce qu'elle consiste à ce que l'on accompagne les enfants après leur explosion pour qu'ils la constatent, après, le calme revenu. Qu'ils constatent comment et quand elle est venue et comment et quand ils auraient pu la contrôler. Il faut que chacun apprenne à réaliser, à sentir quand "ça monte" pour freiner avant que ça n'explose. Alors, sans avoir pour autant réglé des problèmes qui ne relèvent pas d'animateurs, on aura aidé ces enfants à aller vers le contrôle de soi qui sera nécessaire à une vie avec les autres. Et pour cela, il faut aller à la confrontation. Il ne faut alors pas l'éviter car là est l'outil. C'est, dans ma proposition, ce que j'appelle transformer l'expérience en Expérience.
Vous savez, c'est la différence entre faire des expériences (avec un petit "e") et avoir de l'Expérience (avec un grand"E"). Et bien, se contenter de subir des expériences, douloureuses parfois, sans en tirer de l'Expérience, c'est dommage. C'est une vision courte des choses. Il est bien court de croire que l'on en a terminé quand on a calmé les choses, avec ou sans violence. Car si rien ne change, tout reviendra... en pire. Et c'est quand on souffle un peu qu'il faut s'attaquer au problème.
La question de la réponse immédiate n'a d'intérêt que parcequ'elle va permettre APRES de travailler le problème. Là apparait et s'impose que le choix de la réponse n'est dicté que par la récupération qu'on en fera.
Très différentes sont toutes les attitudes qui, de la part des enfants, consistent à "tester", c'est à dire à repérer les limites en s'y frottant. En effet, là il ne s'agit pas de colères ou d'agressions mais de simple errements comportementaux qui vont permettre aux animateurs de poser les limites: "stop", là c'est interdit. Par contre, si cet interdit est volontairement bravé, on se reporte aux considérations du paragraphe précédent.
Tout cela est difficile? OUI
A partir de là, 2 choix: le comportemental simple avec organisation et évitement ou l'éducatif.
Lorsqu'on en est à cette réflexion, les solutions adaptées pourront se construire. Hors de telle réflexion, pas de solution sauf des recettes finalement inutiles et inopérantes... don à recommencer tout le temps.
Je voudrais en profiter pour redire ici ce que, pour ma part, je dis depuis des temps et des temps: Une personne ordinaire a le sentiment d'être agressée en fonction de son propre vécu. Pour l'un un cri le fait sursauter, pour l'autre une insulte est insupportable, pour d'autres encore un coup ne l'émeut même pas.
Or une bêtise est un rapport entre celui qui la fait et l'environnement qui la reçoit. A ce stade, un enfant de 4 ans qui pleure ou un grand qui envoie des cailloux peut être la même chose et ne différer que par le contexte, l'émetteur et le récepteur. L'acte est de même nature, seul sa forme change. Mais si un animateur a besoin de cailloux pour réagir, on ne pourra que regretter qu'il n'ait pas saisi les signes ténus envoyés en précurseurs. L'aveugle est surpris et réagit mal. Peut-être devrait-il commencer par ouvrir les yeux!
Relisez "Graine de crapule" de Deligny. Le problème n'est pas nouveau. Exploitez les expériences déjà faites au lieu de vouloir tout réinventer.
#20
Posté 14 mars 2010 - 19:25
Citation
Même la législation relative à la délinquance des mineurs pose comme principe que l'éducatif est la règle et le répressif l'exception.
Le discours opposant les punitions et les sanctions je l'ai entendu pendant des années. Et je n'ai jamais entendu ses applications concrètes, mis à part une version très très utopique et irréalisable de "on sanctionne celui qui casse en l'obligeant à réparer".
Quand on veut conseiller des animateurs débutants je pense que le mieux est de leur expliquer très concrètement ce que c'est que maltraiter un enfant, comment un animateur peut-il maltraiter un enfant. Les divagations idéologiques sur la punition ne sont d'aucun recours si elles sont érigées en principe, puisqu'il faudrait avoir tout le background idéologique qui permet de différencier "punition" et "sanction".
En plus de ça moi je ne suis pas d'accord avec l'opposition systématique de "punition" et "acte éducatif".
On peut très bien éduquer un enfant à coups de trique... Du reste, les privations (de console de jeux vidéo, de télé, de dessert, de sortie, etc.) sont pratiquées couramment par de nombreux parents.
Maintenant sur l'analyse qui différencie le travail de l'animateur en réponses immédiates et en réponses éducatives, je suis partagé.
On peut tendre à travailler comme ça, chercher à atteindre ce fonctionnement-là, c'est sûr. Mais on ne peut pas y arriver quand on n'a pas les moyens.
Si elles te semblent logiques, les applications de terrain de ces idées mériteraient que tu les écrives.
Par exemple comment appliquer ces idées sur cette difficulté que j'ai rencontré en tant que surveillant périscolaire :
Tous les midis, nous faisions faire 500m au bord de la route à environ 100 enfants (on était 2 adultes). Tous les jours, au moins dix enfants s'éclataient à courir à travers le rang, bousculant ainsi des enfants et les mettant en danger à cause de la route.
#21
Posté 14 mars 2010 - 22:43
jean, le 14 mars 2010 - 19:25, dit :
Facile ! Les 10 mômes sont interdits de manger pendant une semaine !
lol
Bon plus sérieux, effectivement le débat "sanction/punition" en est un long...
Je pense une chose simple :
Je pense qu'un animateur qui commence dans l'animation n'en est pas encore à se poser des questions sur les droits de l'enfant, etc...
Mais plutôt :
"Tiens, j'aime bien les mômes, et si je faisait animateur ?!?"
Je pense que la notion "éducative" n'est pas ancrée chez les animateurs débutants (sinon ils choisissent instits, éducs, etc.). Je généralise surement mais c'est ce que j'ai vécu personnellement et ce que je vois aujourd'hui après pas mal d'années d'expérience...
Alors, proposer une idéologie sur la sanction plutôt que la punition, je ne suis pas sur que ça fasse mouche parmi les animateurs, et, surtout, que ça soit très "abordable", "compréhensible" réellement.
Expliquer à un animateur simplement les choses vaut surement mieux que lui faire part d'idéologie, de principe éducatif ou même de méthode active, etc...
Bref, la réparation d'une bêtise, quand elle est possible reste, à mon avis, la meilleure recommandation...
Quand une bêtise ne l'est pas, là est la difficulté.
Pour essayer d'apporter quelque chose au débat, partons du fait que tous les enfants sont différents.
Beaucoup de structure fonctionne ainsi :
Telle faute = telle sanction (un peu direct mais en gros, ça fonctionne comme ça...)
Pourtant une même bêtise peut donc être réalisée par des mains qui fonctionnent par différents mécanismes.
La sanction peut-elle alors être uniforme ?
Chaque enfant comprendra-t-il, tirera-t-il les mêmes conclusions d'une sanction qu'il aura reçu ?
Par ex :
Un enfant a tapé un autre enfant.
Il est méchant celui là, il sais que l'on a pas le droit, il est donc exclu du jeu, du groupe, où je ne sais quoi pour un temps donné. (après l'avoir sermonné)
Croyez-vous vraiment que tous les enfants vont en tirer la même expérience ?
La même envie de recommencer ou non ?
Il faut le faire réparer son erreur ? Lui demander de s'excuser (d'ailleurs ça aussi c'est intéressant, je vais en faire un sujet s'il n'existe pas...) ?
Bref, je pense, mais ce n'est que mon avis, que l'on peut mieux faire respecter les règles en s'adaptant à l'enfant.
Tout être est différent, moi-même ne vit pas une phrase comme mon collègue, mon voisin, mon pote, ma famille ou mon chien.
#22 raymond (Invité)
Posté 15 mars 2010 - 12:00
laballe, le 07 mars 2010 - 11:04, dit :
Merci pour vos réactions, je vais ajouter quelques précisions car Olivier a raison.
De plus, il ne faut jamais oublier aussi que vous n'avez que ma version des choses et donc mon ressenti:
- Pour le coin, je suis avec les 3-6 ans et actuellement, c'est tous les jours que les enfants vont au coin.
Leur méthode de base est d'avoir 3 smileys, un qui sourit, un qui sourit moins et un qui fait la tête, pour leur signaler qu'il y a trop de bruit. Dans l'idée, c'est bien. Elles utilisent une épingle à linge pour situer le niveau du bruit dans la pièce.
En même temps, elles réclament le silence et lorsqu'il y est, elles continuent à parler fort (je parle des animatrices) Elles n'arrivent pas à obtenir le silence et menacent de ne pas servir le repas, de ne pas donner le dessert, de le dire aux instit etc.....
- Pour le debout, je crois que c'est clair...
- mercredi, durant le temps calme, les anim écoutaient de la musique sur le pc relativement fort, elles gueulaient (désolée mais je n'ai pas trouvé d'autres termes) en même temps pour avoir le silence. Elles ont envoyé 3 enfants, 8-9 ans dans la salle d'à côté (salle de sieste) où les petits dormaient. Elles les ont assis parterre et refermaient la porte. Les 3 enfants sont donc restés un long moment assis parterre, dans le noir, avec les petits qui dormaient sur les matelas.
- Pour le scotcher et coudre la bouche, il est évident qu'elles ne vont pas leur coudre!!!
Par contre, scotcher, apparemment, c'est déjà arrivé (aux dires d'une ancienne mais cela reste des dires) L'une d'elle a d'ailleurs sorti le scotch un soir, ce n'est donc pas une plaisanterie.
Maintenant, le directeur trouve normal de les mettre au coin et de les faire manger debout, cela ne fait pas de mal. Pour l'assis dans le noir, il n'était pas au courant mais n'a pas été particulièrement choqué. Lundi après-midi, une réunion est organisée comme cela, je vais pouvoir m'exprimer ainsi que l'équipe.
Je pense que le problème de cette équipe, est qu'il n'y a pas de formateur. Ce sont des jeunes femmes (20 ans) qui se sont débrouillées seules pour mener les enfants. Le directeur est principalement dans son bureau et n'est pas réellement un animateur. Elles n'ont pas la notion de faire évoluer les choses. C'est toujours la faute des enfants et des parents qui ne savent pas les éduquer. C'est de la répression constante. D'ailleurs, entre elles, c'est agressif aussi et très égoïste. Pas de notion d'équipe.
J'espère que j'ai été un peu plus claire.
à plus
A mon avis les deux choses sont inutiles et idiotes.
Obliger un enfant à manger debout est contraire à toute idées d'éducation. Ils auront bonne mine, ces anims, lorque ils diront à un enfant :" Tiens toi bien à table".
Quant à mettre au coin, même avec des anims ,ce sont des méthodes qui, à mon avis ,détent de l'ère secondaire ou tertiaire, je ne sais plus.
J'aimerai poser une question à ces animateurs ou trices. Si chaque fois qu'ils font une bétise le directeur les faisaient manger débout ou les envoyaient au coin; qui manderait le plus souvent debout ? Les enfants ou eux ?
Apres ils iront se plaindre que les adultes ne s'inclinent que devant la violence!
#23
Posté 15 mars 2010 - 16:01
Citation
Quand une bêtise ne l'est pas, là est la difficulté.
Sur ces questions en fait, je me demande si le truc ne serait pas essentiellement qu'il y ait toujours une réaction des adultes, quelle qu'elle soit, tant qu'il ne s'agit pas de maltraitance.
Citation
#24
Posté 15 mars 2010 - 16:04
laballe, le 06 mars 2010 - 09:49, dit :
Ah, le balancement sur la chaise ! On pourrait aussi ajouter le fait de courir dans les couloirs. Ce sont deux choses que les adultes s'évertuent à faire cesser et que les enfants adorent faire, et même font spontanément. A partir de là, une question s'impose : est-ce si dangereux qu'il faille l'interdire à tout prix, en passant notamment par le genre de punition que tu décris ?
Qu'on demande à des enfants de ne pas courir parce que les petits dorment à côté, c'est logique. Qu'on demande à un enfant de ne pas se balancer parce qu'il tape la chaise de son voisin de derrière en faisant ça, c'est tout aussi logique. Mais qu'on interdise ça systématiquement, dans un cadre de loisirs, c'est tout simplement ridicule. Les adultes se fatigueront beaucoup moins s'ils lâchent du lest sur les faits anecdotiques et se concentrent sur l'essentiel.
laballe, le 07 mars 2010 - 11:04, dit :
Leur méthode de base est d'avoir 3 smileys, un qui sourit, un qui sourit moins et un qui fait la tête, pour leur signaler qu'il y a trop de bruit. Dans l'idée, c'est bien.
Mais dans l'idée, on peut faire mieux. Tu bosses dans un cadre périscolaire, j'imagine donc que tu as les enfants en fin de journée, après la classe. Ils ont donc passé une journée "contrainte", au sens où ils ont travaillé, se sont concentrés, etc. Ne peut-on pas leur laisser une soupape de décompression ? Jouer dehors par exemple ? C'est peu de choses, mais ça fait souvent du bien.
En tout cas, bon courage, car conduire le changement en étant "simple" animatrice et en minorité, c'est pas un cadeau !
Noël KOLM, le 14 mars 2010 - 16:01, dit :
[...]
A partir de là, 2 choix: le comportemental simple avec organisation et évitement ou l'éducatif.
Je ne comprends pas en quoi un travail préventif n'aurait rien ou peu de choses à voir avec le champ éducatif. Pour limiter les incidents (je n'ai pas dit "éviter"), plein d'actions peuvent être mises en place : un taux d'encadrement renforcé (choix de l'organisateur éminemment éducatif), un agencement agréable d'une salle, des animations en petit groupe, une consultation des enfants sur le fonctionnement du séjour, etc. Là, nous sommes en plein dans l'éducatif et à la croisée des chemins entre les conditions matérielles, humaines, financières... qui dépassent le cadre d'intervention de l'équipe d'animation et renvoient aux intentions de l'organisateur.
Quant à dire que c'est l'action la plus facile... cela me semble plutôt l'inverse ! Outre qu'une équipe d'animation n'a pas toujours les leviers d'action sur des décisions qui relèvent de l'organisateur, cela demande une connaissance fine des enfants : avant une activité, il faut en effet anticiper leurs réactions, prévoir ce qui risque de les gêner, s'assurer de la sécurité de l'activité proposée, etc. Cela demande une expérience importante et un certain recul sur sa pratique. A côté, punir à tour de bras n'a jamais été aussi facile !
#25 Noël KOLM (Invité)
Posté 15 mars 2010 - 16:30
Tout d'abord, quelques-unes de ces réflexions proposées sont tout à fait de bon sens et j'ai eu quelque plaisir à les voir énoncées.
Ensuite:♠
Sanction et punition ne sont pas du même ordre et il faut bien manier les 2. L'une n'exclue pas l'autre. Mais méfions-nous bien que ce que l'on appelle punition ne soit pas sous-tendu par quelque vengeance à l'encontre d'un enfant qui nous a bien embêté.
Edicter des sanctions automatiques relatives à la "faute" me parait inadmissible. Faut-il rappeler que même en justice la réponse à la "faute" s'apprécie en fonction des circonstances et de la personnalité du fauteur.
Telle faute = telle punition ? Qui qu'en soit l'auteur, quelqu'en soient les circonstances! Qui peut de nos jours admettre cela... surtout avec des enfants. Comme des gages dans nos jeux?
Faut-il encore rappeler qu'en matière de faute de mineurs, la Loi prévoit la primauté de l'éducatif sur le répressif. C'est un principe. Il ne fixe pas le niveau à partir duquel il s'appliquerait. C'est un principe fondamental. A fortiori dans le cadre de la vie courante dont font partie les loisirs. Or comment échapper au fait qu'une punition est un acte de répression?
Il est clair qu'un acte répressif a une portée éducative. Reste à savoir laquelle tant il est évident qu'elle peut être d'exclusion, de régression, d'humiliation et donc d'atteinte à l'image que chacun a de soi, de valorisation quelquefois quand on en sort fier ou autre encore. C'est la raison pour laquelle, puisque tout acte a une portée éducative, il faut tenter de comprendre ce que l'on choisi de faire (ou de ne pas faire); mais que rien ne sera neutre. Surtout dans ce domaine.
Quoi, un animateur n'aurait pas d'action éducative? Mais toute personne qui entre dans le champ d'un enfant a une influence et, en conséquence, a une action éducative, même si, comme Mr. Jourdain et sa prose, il a une telle action sans s'en rendre compte. Que l'on dise qu'un animateur n'est pas un éducateur de profession, soit. Mais s'il ne l'est pas de profession il l'est de fait. Comme beaucoup de monde. Mais à une place où cette action a une grande importance.
Non, la faute ne peut être réduite à elle-même. On ne doit l'appréhender que dans le cadre de son contexte en ce compris le fauteur lui-même. Surtout quand il s'agit d'un enfant. En dans ce contexte se trouve l'animateur. C'est là la raison pour laquelle on ne peut donner hors de son contexte l'indication de l'opportunité de telle réponse à tel acte.
Par contre nous devons rappeler, surtout aux plus jeunes d'entre nous et justement eu égard à leur inexpérience les quelques principes qui doivent nous guider. Mieux vaut une réponse pas très idoine après réflexion insuffisante qu'une réponse sans réflexion. Non, il n'y a pas de recettes. Oui, il faut réfléchir tout le temps.
Méfions-nous du spontané.
Etc.
#26
Posté 15 mars 2010 - 20:14
Cependant, pour ceux qui débutent un peu moins, Noel, on croirait lire un de ces directeurs qui ne sortent pas de leurs bureaux, un conseiller pédagogique ou un inspecteur de jeunesse et sports... Quelqu'un qui donne beaucoup de conseils mais finalement, qui enfonce des portes ouvertes et qui ne va pas jusqu'au bout, c'est à dire, aux applications concrètes de terrain.
Les débutants seront intéressés par l'argumentation construite etc. C'est très intéressant. (par contre moi ça me rappelle des jours où j'ai été jugé par des personnes qui avaient oublié ce que c'est qu'un enfant et donc ça a un côté agaçant). Alors ensuite, comment est-ce qu'on fait?
Dans mon cas avec les 100 enfants qui faisaient 500m au bord de la route, qu'auriez-vous fait?
Côté réorganisation j'avais fait remonter le problème à mes supérieurs qui, après 4 mois, ont embauché une personne supplémentaire. Mais les bousculades persistaient malgré cela. Qu'aurions-nous dû faire avec les enfants ?
#27 Noël KOLM (Invité)
Posté 19 mars 2010 - 19:07
Ensuite, ce n'est pas parcequ'une réponse est conceptuelle (qu'elle contient des concepts) qu'elle est loin des réalités. Elle est à son niveau, qui est une base nécessaire pour passer à la détermination des bonnes conduites.
Non, je n'ai pas de réponse toute faite à donner à des situations concrètes car, comme toutes les situations concrètes, elle est toujours complexe et seule la personne qui s'y trouve détient les informations nécessaires (auxquelles il faut ajouter sa propre personnalité). Comment veut-tu aider quelqu'un si tu lui dis ce qu'il faut faire????? Il faut lui donner les pistes et les outils pour forger ses propres idées.
Par contre, si tu veux bien abstraire tel ou tel aspect d'une situation , ce sera plus facile. Car, bien entendu, l'abstrait est toujours plus facile que le concret qui est toujours complexe.
Des conduites sans réflexion préalable ne valent pas grand'chose... Si, elles valent ce que vaut le spontané: c'est charmant.
En plus, mes réflexions ont l'avantage d'être très réalistes car je m'occupe d'enfants et j'en ai moi-même.
Alors, ne cherchons pas de raisons pour écarter à priori mes propositions. Sois gentil: lis-les sereinement. Après, on en parle volontiers.
Noël KOLM
#28
Posté 20 mars 2010 - 14:05
Citation
Quand je veux aider quelqu'un je propose des solutions. La personne jugera elle-même si mes propositions sont bonnes ou mauvaises. Je préfère partager mon expérience car elle est, comme mes analyses, non exhaustive. Et un mauvais conseil qui explicite ses limites vaut toujours mieux qu'un bon conseil qui s'érige en principe, à mon avis.
#29
Posté 20 mars 2010 - 19:35
Noël KOLM, le 13 mars 2010 - 19:35, dit :
Même la législation relative à la délinquance des mineurs pose comme principe que l'éducatif est la règle et le répressif l'exception. C'est la Loi (ordonnance de 1945 relative aux mineurs délinquants)
Ce n'est que lorsque l'on est démuni, que toutes les actions éducatives ont été tentées sans succès, que l'on peut être amené à la répression.
Et de toutes façons, jamais de façon méchante car il ne s'agit jamais d'entrer dans le registre de la vengeance.
Ce n'est pas aussi simple que cela. Dans le cas que j'ai évoqué, ce n'est pas le fait d'être démuni, qui pousse l'équipe à punir les enfants. Je pense (et c'est mon interprétation très personnelle!!!) que cette équipe (très jeune, 18 ans de moyenne d'âge) a débuté, il y a trois ans, seule face aux enfants. Les animatrices se sont très bien organisées avec le directeur, sur tout ce qui était vie pratique du centre mais pas les relations humaines. Elles se sont retrouvées seules à gérer les groupes et à mettre en place des techniques pédagogiques. D'ailleurs, copiées totalement sur le système scolaire. Et c'est là, que pour moi, le rôle formateur du directeur a manqué. Il est important de toujours discuter des buts pédagogiques et éducatifs que l'on veut développer dans un centre. De se poser les questions sur ce qu'est l'animation? Les loisirs? Comment veut-on les partager avec les enfants? Quels seront leurs places et la place de l'adulte? Quelles solutions apportées aux problèmes rencontrés? etc....
En fait, je parle ici de travail d'équipe tout simplement et de remises en question, qui n'existent pas dans cette structure.
Noël KOLM, le 13 mars 2010 - 19:35, dit :
Et la confrontation à un problème n'a d'intérêt que si c'est pour que d'une expérience on tire de l'Expérience, c'est à dire de l'éducation.
Qui doit être puni? L'enfant qui a fait une "bêtise" ou l'animateur qui a laissé s'installer les conditions permettant qu'elle se fasse.
Noël KOLM
Comment anticiper tous les problèmes? Il faut que tu me donnes ton truc.
C'est d'ailleurs, à mon avis, ce qui fait aussi le charme de ce métier. Nous travaillons avec des êtres humains très complexes, qui peuvent avoir des réactions très surprenantes, bonnes et mauvaises quelques fois.
J'ai bossé avec des enfants handicapés mentaux et les problèmes se posaient à la minute, vu ton raisonnement, j'en déduis, que nous (toute l'équipe) n'avons pas fait correctement notre boulot?
Question: est-ce que l'éducation ne vient que de la confrontation d'un problème?
Défense de cueillir des noisettes sous peine d'amande !
#30
Posté 21 mars 2010 - 12:46
jean, le 15 mars 2010 - 16:01, dit :
Jean, il est vrai que les bêtises "réparables" ne courent pas les rues. Mais il y en a.
Toto a tagué son nom sur un mur, les anim's devront peut-être commencer par le faire nettoyer....
Toto (encore lui !!!) a fait un croche pied à un copain qui portait son plateau. On va peut-être avant toute chose lui demander de s'occuper du nettoyage de sa bêtise.
Je pense effectivement que quand on peut, il est essentiel de faire "réparer" la bêtise. Cela ne suffit pas bien évidemment.
jean, le 15 mars 2010 - 16:01, dit :
Dans l'idéal....Oui.
Je pense qu'il est impossible pour une équipe d'animation de tout voir donc d'intervenir à chaque fois.
Je me souviens, étant petit, avoir réglé plein de problèmes entre camarades, sans présence d'adulte.
Est-ce une bonne chose de ne jamais laisser les enfants s'en sortir par eux-même lors de leurs rixes ?
La "sur-présence" de l'adulte n'interfère-t-elle pas dans la socialisation de nos chers petits ?
Personnellement, j'essaie de voir ce qui se passe mais n'intervient pas forcément.
L'Autonomie se trouve souvent au cœur des projet péda mais j'ai vraiment l'impression que les enfants d'aujourd'hui sont trop souvent assisté, et pas que par les parents...

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