Invité Boursicot

[Discussion] Colos Éducatives Vs Loisirs

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Invité Boursicot

Bonjour,

Je suis journaliste pour le site http://www.apprentis-auteuil.org/accueil.html et je suis à la recherche de témoignages d'enfants ou de parents ayant inscrit leur(s) enfant(s) à une colonie de vacances éducatives, avec révisions scolaires.

J'aimerais connaitre l'impact par exemple sur l'année scolaire suivante, la motivation des enfants et ados, le bilan en général de ce type de séjour.

Vous pouvez me contacter à l'adresse suivante: fredboursicot at yahoo.fr

Merci!

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Invité Noël

Depuis une vingtaine d'années, et devant les menaces sur l'emploi qui touchent les moins diplômés, de nombreux parents pensent faire au mieux pour leurs enfants en leur faisant donner des cours en complément de ce que fait l'école.

Les cours de vacances existaient depuis longtemps et on n'a rien inventé... sauf que: traditionnellement, les cours de vacances concernaient des ados, et d'abord les ratés du bac lorsque celui-ci avait une session de rattrappage en Septembre. Ce n'est que depuis la période précitée que ce genre de choses est fait pour de beaucoup plus jeunes enfants. Dès que l'on a pris conscience que l'échec scolaire se construit durant toiute la scolarité.

Peut-être descendra-t-on jusqu'à de jeunes âges, comme dans certains pays d'Asie où le Japon a montré la voie dans laquelle la Chine s'est engouffrée.

En France, dès le début des années 90 de nombreux organismes de vacances y ont cherché une clientèle propre à combler la baisse de fréquentation des colonies. Mais il y a quelques confusions entre les sens des termes éducation, enseignement, pédagogie, etc...: L'éducation concerne la formation de la personne, c'est à dire, pour ce qui concerne le domaine scolaire, ses compétences et non ses connaissances. Les connaissances, c'est le domaine de l'enseignement. La pédagogie c'est la manière dont sont mis en oeuvre les processus des domaines cités, la manière dont on accompagne les enfants.

Cette précision étant donnée, notre association a créé ce genre de séjours dans la fin des années 90 avec comme définition la "remise en route " des processus d'apprentissage, riguer, concentration, la prise d'habitudes et de modalités de travail, enfin tout ce qui concerne non le contenu mais la manière de faire, partant du fait que pour des élèves quelqu'ils soient, 2 mois de vacances font d'anciens élèves des vacanciers et que ceux-ci mettront 2, 3 ou 4 semaines en Septembre pour redevenir des élèves. Notre projet pédagogique était donc celui concernant la méthode et non les contenus.

Nous avons alors reçu la visite de nombreux journaliste à commencer par l'Agence France-Presse, suivie de France 2 (Piednoir), TF1, M6, etc... tant la chose était à l'époque novatrice puisqu'en plus nous mettions en place une transition avec 1/2 temps "scolaire" et 1/2 temps vacances.

D'autres organismes confrères se sont, eux, contentés de faire 1 ou 2 semaines de rabâchage. Or on ne va certainement pas combler en quelques jours 1 année de lacunes. C'est TOTALEMENT ILLUSOIRE. On ne peut travailler que sur la méthode pour préparer une rentrée efficace. Rien sur les contenus sauf volatils.

Faisant le même constat que nous, l'Education nationale a ouvert début des années 2000 un peu partout des classes en Aoùt visant à réinsérer des élèves dans les processus d'enseignement avant la rentrée.

Le secteur public de l'enseignement faisant alors exactement ce que nous avioons commencé quelques années plus tôt, il était normal de nous effacer pour laisser les enseignants agir leur engagement.

Il reste par contre encore de nombreux organismes qui vendent des "révisions" pour enfants. C'est évidemment une supercherie qui ne marche que parceque les parents ont avec ça le sentiment d'avoir fait ce qu'il fallait pour leurs enfants. Or sauf, je le redis, pour des ados et au-delà, la seule intervention utile porte sur la méthode et demande des personnes ayant des compétences en matière de pédagogie et pas 3 connaissances de calcul et d'orthographe.. Or la pédagogie est un domaine dans lequel, justement, les compétences sont rares car, à l'instar de la guitare, on en joue facilement mal mais difficilement bien. Aussi les mauvais ou prétendus pédagogues fleurissent et les enfants leur sont bien utiles. Quant aux parents, ils ont une forte tendance à estimer que cette action est un bien puisqu'ils ne la font faire à leurs enfants que pour avoir bonne conscience!

J'espère vous avoir un peu éclairé.

Noël

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Invité Invité

Bonjour,

Merci beaucoup pour ces précisions. Quelle était le nom de votre association?

Bien cordialement

F.B.

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Invité Noël

La règle de ce forum non commercial est d'interdire toute forme de publicité.

Je suis certain que vous nous trouverez sans difficulté si vous le souhaitez.

Noël KOLM

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Invité Youri

Bonjour,

En alternative aux cours de vacances je vous recommande des camps de vacances scientifiques ou l'on fais de réelles expériences qui paricipent à de rélles programmes de recherche, cela peut être intéressant plus que des cours de vacances. Et cela contribu tout de même à l'éducation de vos enfants.

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Invité summer hill

bon je trouve ce thèmes dangereux... je vous propose de reformuler votre question... comment retirer l'enfance à des enfants en les inscrivant dans ce type de séjours.

Et oui les enfants enchaînent toute l'année dans un rythme de dingue et on les inscrit dans des colo ( à la base sur un temps de loisir) pour travailler!!

Posez vous la questions si nous adultes pendant les vacances nous nous payons des temps de formations...

je vous propose plutôt des association qui travaille dans une prisee d'autonomie des enfants dans un temps de LOISIRS... exemple la maison de Courcelles ... Etc

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Il ne s'agit pas d'un thème de vacances mais d'un projet pédagogique. Du moins pour ceux qui y réfléchissent. Le projet existe avant l'équipe.

Peut-être existe-t-il des rigolos plus ou moins organisés qui partent sur des projets mal développés et qui passent à côté de leurs objectifs. Je suis d'accord avec Noel sur la question pédagogie : dans l'animation on peut tous prétendre en faire, en revanche les bonnes pratiques demandent beaucoup d'expérience et beaucoup de travail de préparation et de réflexion... avec des colos qui embauchent essentiellement des jeunes (aussi prétentieux soient-ils) et des préparations d'un mois de colo bouclées en 8 heures on ne peut pas s'attendre à des miracles.

Je ne suis pas d'accord avec cette idée de "retirer l'enfance" pendant un séjour, aussi naze soit-il. Ça dépend juste de ce qu'on attend de l'enfance.

Il y a ceux qui pensent qu'avoir une enfance, c'est avoir des parents très présents.

Il y a ceux qui pensent qu'avoir une enfance, c'est avoir la possibilité de ne pas travailler.

Il y a ceux qui pensent qu'avoir une enfance, c'est pouvoir délirer sans se soucier des conséquences.

Pourquoi pas dire que c'est une période de la vie où on a le droit à l'erreur parce qu'on a encore peu de responsabilités. (ça a tendance à disparaître avec les fichages et les réseaux sociaux à mémoire indélébile)

Bon ceci dit, je comprends bien le malaise de ceux qui sont poussés à la performance et à la perfection par leurs parents. Dans les écoles, les collèges, les lycées, il y a des enfants qui sont terrorisés à l'idée d'échouer. Alors que justement l'enfance c'est le moment idéal pour échouer, pour se planter, pour essayer sans réussir, etc.

Là c'est sûr que si on conçoit les vacances comme un moyen de penser à autre chose qu'au travail, on ne peut pas aimer les vacances "scolaires". Je ne sais pas quelle part de la population pense comme ça. Mais c'est pas une excuse pour tomber dans l'excès inverse... Excès dans lequel on est actuellement jusqu'au cou.

je vous propose plutôt des association qui travaille dans une prisee d'autonomie des enfants dans un temps de LOISIRS... exemple la maison de Courcelles ... Etc

En même temps je pense que le coup de l'autonomie ça figure sur 100% des projets pédagogiques.

Mais déjà rien que là-dessus on écrit des livres.

Il y a des animateurs qui laissent faire, pour eux c'est ça l'autonomie.

Il y en a qui accompagnent, il y en a qui font à la place des enfants...

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Invité summer hill

pour ce qui concerne l'enfance , je pense qu'un enfant est avant tout une personne avec une capacité à prendre des décisions...

et que le système scolaire dans sa globalité (exception des lycée autogérés, des pédagogies montessori , freinet ....) freine l'accompagnement des enfant dans leur capacité à développer leur prise de décision.

Pour moi , travaillant dans l'éducation populaire , l'accompagnement n'est pas synonyme de faire à la place de ... mais de donner des responsabilités qui ont du sens pour les enfants.
Les loisirs motivent et peuvent développer des compétences informelles et non formelles qui ne doivent pas être utilisé dans une volonté de rendre les enfants intelligents plus intelligent (profiteur) et stigmatiser les enfants en difficultés scolaires aussi sur leurs temps de loisirs.

Il me semble alors nécessaire de dissocier le temps du loisirs du temps scolaire...

concernant l'autonomie ... La Maison de Courcelles voila un projet qui a 30 ans d'expérience, lieu d’expérimentation où la prise de responsabilité est étudié dans le cadre d'une deuxième action recherche.

Voici un lien vers le résultat de la première

http://ressourcesjeunesse.fr/Enfants-a-la-colo-Courcelles-une.html

bonne lecture

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Parce que tu crois que sans l'école ils seraient plus libres et plus capables de prendre des décisions?

Notre système scolaire républicain gratuit est une chance. Il a beaucoup de défauts, certainement, mais pas celui de rendre idiot.

De plus les pédagogies scolaires sont continuellement depuis plusieurs dizaines d'années en train de se transformer à l'initiative des enseignants et de leurs formateurs qui sont aussi des gens qui travaillent dans les écoles... et tendent toujours plus vers l'autonomie, la liberté, la créativité.

La pédagogie de la prise de décision, c'est très bien, la liberté, l'autonomie, très bien également (si je considère que je parle à quelqu'un qui s'y connait parce qu'avec des novices je ne le dirais pas comme ça).

Mais si on pouvait arrêter de rabâcher que l'école ne forme que des moutons préformatés à la solde du système, c'est une critique obsolète qui n'est plus entretenue aujourd'hui que par des médisants. L'école est ce qu'on en fait. On vit dans un pays avec un tas de révolutionnaires, de rebelles, de philosophes, d'artistes, de critiques, de chercheurs, la nation française actuelle s'est elle-même fondée sur une révolution.

Les loisirs motivent et peuvent développer des compétences informelles et non formelles qui ne doivent pas être utilisé dans une volonté de rendre les enfants intelligents plus intelligent (profiteur) et stigmatiser les enfants en difficultés scolaires aussi sur leurs temps de loisirs

Tout comme ne pas enfermer les intelligents dans une caricature d'intello et ne tenir compte que de cet aspect de leur personnalité.

Pourquoi écrire "intelligent - profiteur" ?

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Il y avait malgré tout une question importante qui se posait autour de l'autonomie. Comment peut-on donner à l'enfant les conditions pour qu'elle se développe ?
J'invite alors à relire Vygotski et notamment le concept de Zone Proximale de Développement (ZPD) qui mesure l'écart entre ce que l'enfant peut faire seul et ce qu'il est capable de faire avec l'aide d'un tiers (enfant ou adulte) plus expérimenté que lui dans la discipline. Avec cette phrase qui résumait la théorie de Vygotski : Ce que l’enfant est en mesure de faire aujourd’hui en collaboration, il saura le faire tout seul demain.

Ca me semble très important pour notre travail (déjà car cette théorie est un appui quand il s'agit de se questionner sur l'intérêt de l'animateur ou l'éducateur à oeuvrer auprès d'enfants, à un moment où je lis plusieurs théories selon lesquelles l'adulte (éducateur ou animateur) est un loup pour l'enfant. Et surtout, quand bien même, comme toute théorie, il ne faut pas la prendre comme parole d'évangile, elle permet d'avoir un regard sur la façon dont on peut se comporter, s'orienter pour effectivement développer l'autonomie des jeunes. Montrer, aider, d'abord, lorsque l'enfant ne sait pas faire, et laisser faire ensuite.

Evident de premier abord, mais tellement peu appliqué sur le terrain, même par des gens trouvant ceci évident.

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Il y a une autre façon d'aborder la question de l'autonomie : c'est l'autonomie des "intellos".

Mettons que comme on bosse avec des collègues très jeunes qui eux-mêmes sont pas parfaitement autonomes, on peut aborder les questions sur la liberté de choix, d'aller et venir, de faire l'activité ou pas, de participer à l'organisation, les règles de vie, les méthodes pédagogiques liées à l'apprentissage de savoir-faire, savoirs, etc. (les jeunes adorent parler de la journée type et du lever échelonné en entretien d'embauche, c'est marrant)

Moi j'aimerais insister bien fort (lol) sur certains "intellos" (qui ne le sont pas forcément) y'a pas trop de mots : les enfants qui manquent d'autonomie dans la vie quotidienne. Ils sont autonomes à l'école et en famille car ils connaissent ces environnements. Le fait qu'ils soient un peu savant est parfois une circonstance aggravante parce que ça peut leur donner un côté prétentieux.

Et en colo, ils sont paumés : il faut être très présent car ils ne savent pas s'occuper de leurs affaires, s'occuper d'eux, sans leurs repères habituels ils sont complètement paumés... Ça va des petits cas marrants (pas savoir faire ses lacets) à ceux qui sont complètement désoeuvrés car ils n'ont pas forcément eu le pouvoir d'exercer cette liberté auparavant, la dictature parentale leur manque... Et d'ailleurs certains sont terrifiés. Il y en a qui ne vont pas aux toilettes, il y en a pas mal qui ne veulent pas manger. Plein qui ne se prennent pas en charge pour s'habiller... ou tout simplement pour décider quoi faire dans les moments libres.

Marrant qu'on ne se pose jamais la question en ces termes, car je suis persuadé que ces apprentissages sont aujourd'hui un des fondements éducatifs des centres de vacances.

"doit-on forcer les enfants à goûter?" Bah... c'est pas trop ça la question en fait. Déjà le goût c'est de l'odorat (donc sans mettre dans la bouche ils savent bien quel goût ça a, vous inquiétez pas, parce qu'ils sentent, ça c'est un réflexe) et ensuite goûter ça change pas grand chose. Quand ils auront faim ils mangeront.

Se moquer? Ça ne sert à rien, mais ça existe...

Gueuler? Je serais tenté de dire que ça ne sert pas à grand chose... sur le coup on en a l'illusion mais en général c'est débile. Pourtant c'est hyper répandu.

Passer du temps avec eux pour qu'ils deviennent capables de se débrouiller? de grandir un peu? Ah ouais ça serait pas mal ça. On va arrêter de focaliser les réunions sur les activités ; on va arrêter de bloquer l'organisation uniquement sur les temps d'animation et on va inclure le reste.

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