jean

AnimNautes
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Tout ce qui a été posté par jean

  1. En même temps, si la réponse te semble évidente et qu'elle n'a pas encore été dite... c'est qu'il y a un intérêt. Jouer par exemple, pour être sûr de ne jamais simplement "jouer" avec les enfants, on en a fait quelque chose de très technique. Jouer c'est "donner à jouer, faire jouer" tout ça. Oui ok, mais la part spontanée? Et tout cet alambic très technique du faire jouer, des méthodes éducatives et pédagogiques, n'est-ce pas au fond pour rassurer des gens qui ont peur de "ne rien faire" avec des enfants? Les parents qui ne veulent pas "payer pour rien" (pourtant on les surveille, c'est déjà pas mal)... les animateurs qui ont honte de "ne rien faire", oui ça d'ailleurs ça cache le côté parfaitement sexiste de notre métier. On tolère qu'une femme "ne fasse rien" avec les enfants, mais un homme non. On le tolère moins bien car un homme, c'est actif, ça entreprend, ça domine, ça sait, ça montre, ça dirige. Du moins selon quelques stéréotypes qui ont toujours cours, un homme devrait être comme ça. Oui et... pourquoi "nécessaires" ? on ne peut pas dire que c'est spontané? Est-ce que tout doit forcément porter un sens? Bon je sais que moi-même je le suggère souvent, mais justement... on va dire que c'est une auto-critique. Il n'y a pas que des gestes d'affection, effectivement un adulte qui passerait son temps à caresser des enfants je ne le laisserais pas faire. Mais il y a des gestes qui veulent dire d'autres choses, des gestes pour accompagner, pour interpeller, pour rappeler à l'ordre, pour rigoler, pour saluer. Et il y a une bonne part de spontané là-dedans. Même la posture physique est un moyen d'expression. Les expressions du visage, les attitudes... enfin bref, on ne peut pas se limiter à un simple contact verbal, froid, mécanique, qui serait là uniquement "par nécessité" et quelle nécessité, sans doute celle de se conformer au "projet" "péragogique" donc l'obligation sociale de faire grandir l'enfant à chaque instant. Pour la question de "notre place dans l'animation", c'est une question de quelqu'un qui déprime. Mais il a ses raisons : une fois qu'on a goûté au rouleau compresseur, on fait vraiment gaffe au moindre geste qu'on peut avoir.
  2. jean

    Règlementation

    L'arrêté du 25 avril 2012 : (en annexe au sujet des baignades) Baignade non surveillée et non aménagée : «Outre la présence de l'encadrant, responsable de la baignade, est requise la présence d'un animateur, membre de l'équipe pédagogique permanente de l'accueil : ― dans l'eau, pour cinq mineurs si les enfants ont moins de six ans ; ― pour huit mineurs si les enfants ont six ans et plus.» Donc dans l'eau lorsque les enfants ont moins de six ans, sur place et pas forcément dans l'eau lorsque les enfants ont six ans et plus. Un débat très sain quand on sait la passion de nos législateurs pour éditer des règles toujours plus absurdes, et l'immanquable zèle des inspecteurs qui ont parfois tendance à juger "périlleuse" une situation où il manque un document administratif, vous savez, cette situation où on a tous les docs au centre, mais on ne les a pas tous avec nous en déplacement (le projet péda, les certificats de vaccination des animateurs...)
  3. http://vosdroits.service-public.fr/F15815.xhtml
  4. jean

    Oui, Beaucoup Ne Font Rien !

    Moi je suis directeur, et je suis bien content de pas avoir des anims comme ça, quand même. Et bien content de pas avoir à leur dire où ils doivent être, à quel moment ils doivent préparer quoi.
  5. Oui c'est un peu ça le souci. Ou les animateurs qui perdent leur BAFA à force de le promener de centre en centre...
  6. jean

    Les Colonies De Vacances Sont Désertées.

    Mais tu es un véritable dénicheur de talents journalistiques! En tout cas, ne t'arrête pas parce que c'est vraiment intéressant. Surprise pour moi, encore, de voir dans un lien de francetvinfo que le prix d'une journée de centre de loisirs est de 35 euros. Je crois que j'ai jamais vu ça nulle part. Actuellement le prix moyen de la journée chez moi est de 12 euros... bien loin des 35. Dans les témoignages sur lemonde.fr, amusant aussi de voir comment on tourne ses phrases pour accabler ces méchants classes moyennes blanches qui refuseraient "la mixité sociale". On lit "vers une ghettoisation" mais tous les mots des articles trahissent ce souhait de ghettoisation, ce souhait d'envoyer les enfants d'immigrés loin des centre-villes, de mettre les pauvres à l'écart pendant l'été. Enfin moi je trouve ça limite facho... On a encore le droit de choisir avec qui on part en vacances... profitons-en. Sur le forum ici il y a quelques témoignages de ces fameuses classes moyennes qui ont mal vécu cette "mixité sociale". Alors comme on ne veut pas faire de généralités, de préjugés, de stigmates et de stéréotypes, on ne peut plus dire le problème. Donc le souci c'est celui des organisateurs : ne pas se donner les moyens de faire respecter leur règlement interne. Tous les participants signent le règlement au moment de l'inscription. Et soudain, un enfant, deux, dix ou vingt... provoquent des bagarres, insultent les autres, sont arrogants et insolents avec l'équipe, et l'organisateur, au lieu de : -modifier son recrutement -appliquer le règlement et exclure les fauteurs de troubles ... l'organisateur dit à ses animateurs "c'est vous qui ne savez pas les gérer". En grand classique. Avec ça faut pas s'étonner si des parents prennent les devants et deviennent un peu plus regardants quant au lieu d'habitation des autres enfants ou à leur couleur de peau. Ce sont de mauvais indices mais ce sont hélas les seuls dont ils disposent pour choisir leur colo.
  7. C'est à dire, Lau, si tout le monde fait ça le forum peut fermer au profit d'un hashtag. Autrement c'est certain que ça serait intéressant d'en parler avec des parents. Ne serait-ce que pour arrêter de sortir le sempiternel argument des prix et de la crise. Ça calmerait un peu les ardeurs des conservateurs qui sont persuadés qu'ils vont sauver les colos en transformant durablement les anims saisonniers en volontaires de service civique européen. Oh et puis à force de dire que le problème d'argent vient du personnel, on finirait presque par oublier... le coût des transports. Peut-être aussi que les parents sont angoissés de laisser leurs enfants partir avec de jeunes adultes inexpérimentés? Peut-être que la solution est d'aller créer les sujets sur des blogs de mamans du style doctissimo ou aufeminin, je ne vois pas trop quel équivalent pour trouver les pères ou les parents.
  8. Ouais, ça en même temps, un jour, JS il va falloir qu'ils se calment un peu avec leurs exigences là. On déclare les animateurs, ils font une vérification de casier judiciaire, à un moment donné ça serait pas mal qu'ils se mettent à centraliser les diplômes et à les vérifier eux-mêmes aussi. Comme ça une fois les gens déclarés on n'a plus besoin de trimbaler des piles de documents et de diplomes.
  9. jean

    Ados, Insultes Et Harcèlement

    Il faut pas seulement demander à ces organisateurs ce qu'ils auraient fait (ils savent baratiner) il faut leur demander de le faire eux-mêmes. J'en ai bien quelques unes en tête, des organisatrices, toujours présentes pour critiquer les animateurs, leur faire des grandes leçons sur l'animation, reprocher le manque d'autorité et blablabla. Et sur le terrain, on le sait tous, elles auraient jamais tenu une journée entière. Et quand on pense qu'il faut bien quelques jours à ce rythme, voire une semaine ou deux pour commencer à se demander ce qu'on fout là et à avoir un début de réflexion sur le pourquoi de notre métier... on se dit que ces organisateurs sont vraiment loin du compte.
  10. Oui il faut en parler au directeur. On est là pour que les enfants passent de bonnes vacances.
  11. jean

    Ados, Insultes Et Harcèlement

    Je ne sais pas, je connais mal les ados. Pour les dynamiques de groupes, je ne les connais pas plus que ça. A une époque j'ai fait beaucoup de recherches sur le web sur les dynamiques de harcèlement et les micro-violences à l'école primaire. Par chance j'ai trouvé des vidéos de conférences qui ont été de vraies révélations. C'est Eric Debarbieux et Egide Royer. Deux chercheurs, on pourrait dire sociologues, qui expriment de façon claire et simple les problèmes liés à la violence ainsi que des solutions ou des pistes de réflexion. Les vidéos ont disparu depuis. Sur ces deux personnes on trouve quelques images de télé qui sont très mauvaises et qui ne font pas honneur à leur travail. C'est un peu le phénomène Bourdieu : la télé est tellement opposée à leur travail qu'elle arrive à corrompre le sens de leurs interventions. Le web est donc une super invention qui permet d'avoir des vidéos longues et de qualité qui ne sont pas altérées par la stupidité des dispositifs de télévision. Bref beaucoup d'informations, et comme je baignais dans ce milieu j'ai retrouvé dans leurs dires beaucoup de cas concrets. Ça permet d'identifier plus rapidement certaines dynamiques. Ça m'a fait aussi réfléchir sur la façon de traiter certaines victimes. C'est à dire que dans les cours d'école on sanctionne le harceleur, mais on a parfois tendance à tourner le dos au harcelé. Or lui justement il n'a pas conscience de ce qui fait qu'il subit, et il ne sait pas se défendre, et on lui retirerait une épine du pied en le lui apprenant. Et voilà c'est juste un domaine. Si ces informations me permettent aujourd'hui de repérer plus rapidement certaines dynamiques, je suis sûr que je n'en repère pas la moitié... Pour ça je ne sais pas, il faut surement des formations autrement plus solides qu'un BAFA ou un BPJEPS. Peut-être éduc spé avec de l'expérience dans les groupes d'ados. Ça s'apprend certainement, cependant je me demande bien qui s'y connait vraiment. Et puis dans le cas des harcèlements par exemple, on a beau connaitre une liste des signes d'alertes (manque de sommeil, difficultés de concentration, changement soudain et fort du comportement, absentéisme) il manque encore un truc pour que ça fasse tilt le jour où on observera ça sur le terrain. Idem chez le harceleur, il n'y a pas un comportement spécifique même s'il peut avoir une tendance à prendre son pied quand il fait souffrir quelqu'un, c'est vraiment un truc qui se passe entre plusieurs individus. Et puis comme la situation que tu décris, il faut le voir pour le croire : un jeune harcelé qui tente désespérément de séduire son harceleur en croyant que s'il y arrive ça s'arrêtera... Et ce genre de relation réduit quelqu'un en miettes, le pousse à la dépression ou au suicide, ou à des explosions violentes... et pas forcément contre le harceleur! Je ne sais pas s'il peut y avoir des recettes, des outils tout simples à utiliser en animation. Éventuellement être un adulte disponible, à l'écoute, qui ne juge pas afin qu'un ado se sente en confiance le jour où il viendra te faire une confidence. Aussi c'est le genre de truc qu'on ne peut apprendre que dans les relations individuelles, il me semble. En groupe ça ne sort pas, par exemple quand on fait "le forum de discussion"... il faut parler avec chacun un par un, prendre du temps.
  12. jean

    Ados, Insultes Et Harcèlement

    Je ne sais pas. L'autorité, moi, moins j'en fais, mieux je me porte. J'ai toujours l'impression que c'est indigne. Et c'est vexant de se faire gueuler dessus, j'aime pas non plus, et je comprends que les ados n'aiment pas. Le coup des deux meneurs je pense même que je l'ai décrit moi-même ici auparavant, sinon ben voilà, pour moi c'était pareil. Ils ont commencé différemment tous les deux, le premier était le fourbe, celui qui manipulait les autres jeunes du groupe pour les dresser contre l'équipe, et le second était "le gentil", celui qui passait toujours bien auprès de l'équipe et des autres jeunes, mais c'était le bras droit du fourbe (il lui fournissait ses bons plans, ses armes, il organisait avec lui les violences sur les enfants). Ce n'est pas une question d'autorité, je n'ai pas le recul suffisant pour bien analyser, mais je pense qu'il s'agit d'une dynamique de groupe. Ces individus-là ensemble, ça donne ça. Une remarque par rapport à ce que tu dis, tu parles des deux meneurs mais il faut aussi prendre en compte la relation avec les victimes, donc c'est pas que la dynamique meneur1-meneur2 qui joue mais aussi la dynamique meneur-victime. Je pense que la façon de gérer ça c'est de repérer au plus vite les dynamiques et de les arrêter si elles sont mauvaises. L'autorité, c'est le coup classique pour tout mettre sur le dos des travailleurs qui sont au contact des jeunes. C'est comme ça pour les profs et les animateurs, c'est certainement le cas aussi en prison pour les surveillants ou chez les éducateurs spécialisés. A nous de faire notre part du job et de critiquer sévèrement les organisateurs sur leur méconnaissance du terrain. Ne pas se laisser impressionner par leurs grands airs style : "tu n'as rien à m'apprendre, je faisais ce boulot à ta place quand tu portais des couches". Quand bien même ce serait vrai (et... ça ne l'est pas si souvent que ça) un organisateur a l'obligation morale de protéger son équipe, pas de l'enfoncer. Et lorsqu'on parle de droit du travail, l'organisateur a même l'obligation légale de protéger son équipe. Demande à ton organisateur de te décrire et d'analyser très précisément ce qui s'est passé... tu découvriras peut-être que derrière sa conception "d'autorité" il n'y a pas grand chose en réalité... Sauf qu'il va se rendre compte qu'il n'aurait pas pu trouver meilleur animateur/directeur et que donc la faute n'est pas la vôtre mais la sienne. Aucune loi céleste n'a jamais dit que les adolescents étaient faciles à contrôler, à manipuler, ou à "canaliser" comment on dit parfois. Et je suis sûr d'une chose, la légende selon laquelle "les jeunes recherchent de l'autorité" est fausse.
  13. jean

    Les Colonies De Vacances Sont Désertées.

    Hé oui, j'en ai lu un sur libé aussi hier. Celui de l'huma est bourré d'erreurs journalistiques et d'approximations qui ont des double-sens. Voici l'article : La part des enfants ayant bénéficié de ce genre de séjours a été divisée par deux depuis 1995. Un constat inquiétant, qui montre un creusement des inégalités face au droit aux loisirs. Un rapport parlementaire veut « réinventer les colos » en instaurant, entre autre, une taxe sur l'hôtellerie de luxe, ce que défend le rapporteur de la mission dans l'Humanité, le député PS Michel Ménard. "enfants" c'est bête mais la vidéo montre que les familles ont, pour le moment, le choix, et qu'elles préfèrent les structures locales. La vidéo ne montre pas si c'est aussi un choix des élus (de favoriser les centres de loisirs municipaux) mais je pense que oui. En créant un ALSH, un conseil municipal a du concret sur un bilan, tandis qu'en subventionnant des départs en colos, le conseil n'affiche que des dépenses... "bénéficié" : c'est un contresens. Il faut dire "participé" car les familles ont bel et bien payé ces séjours, elles n'ont réalisé aucun bénéfice pécuniaire. "ce genre de séjours" : il serait intéressant de savoir lesquels. Selon la vidéo de la mission parlementaire, toujours elle, le chiffre est celui du nombre d'enfants qui sont partis en dehors de leur famille pendant au moins deux nuitées, on est loin d'une information statistique précise sur les colonies de vacances. "constat inquiétant" : sérieux, ça inquiète qui??! Moi? Nnnnon... pas tant que ça. Enfin les inégalités, j'ai toujours dit que ça ne me plait pas, mais je ne cherche pas à les combattre en proposant que les enfants partent systématiquement avec des animateurs inexpérimentés qui gagnent 30 euros par jour... "droit aux loisirs" : l'expression est fallacieuse. Je préfère dire "accès aux loisirs". Parce que quand c'est l'accès, on comprend mieux qu'il s'agit d'en trouver sur place ou même juste de parvenir à les payer. Donc on comprend que le problème : c'est la CAF, entre autres, ou en tout cas une question de financement. Tandis que quand on dit "droit" on fait croire qu'en quelque sorte il faut une nouvelle loi qui aurait une valeur morale. C'est stupide, on ne peut pas dire "avec cette loi ils auront le droit d'aller en vacances", car ils ont déjà ce droit. Ils ont pas l'argent, et peut-être pas l'envie, c'est tout. Que le rapport parlementaire veuille réinventer les colos, alors là non. La taxe sur l'hotellerie de luxe n'est pas proposée par les députés mais par la ligue de l'enseignement. C'est dit dans la vidéo par les députés, justement. Ensuite ils ne veulent pas réinventer les colos, ils disent durant toute la vidéo qu'ils veulent "préserver le modèle" donc ils souhaitent garder un statu quo. Ensuite ils disent bien dans la vidéo qu'ils ont auditionné en majorité des gros organisateurs de colos ou des associations dites d'éducation populaire (donc des formateurs d'animateurs), et ce sont précisément ces associations qui souhaitent passer au volontariat de service civique européen pour continuer le fonctionnement actuel. Et enfin, ce n'est pas forcément une erreur mais "le député PS michel Ménard" oui si c'est un mec de gauche (hem...) qui veut réinventer les colos alors c'est bien, tandis que si c'était un type de droite, ça serait pas bien, on sait bien ça... Ceci dit, ces gens là s'ils assumaient un peu, ils ne feraient pas leurs rapports pile au moment où tous les animateurs travaillent. Pour l'instauration du CEE ils avaient fait pareil : pendant les vacances d'été.
  14. jean

    Ados, Insultes Et Harcèlement

    Pas connu de situation aussi extrême, mais une année j'ai eu aussi des animateurs menacés par des ados, beaucoup de matériel déterioré, et une santé mentale qui en a pris un coup. Ce sont les organisateurs qui sont en question, pas les équipes d'animation. Y a-t-il dans ce séjour des membres de l'équipe qui sont revenus depuis l'année dernière? En général les organisateurs compensent leur nullité en recrutant toujours de nouvelles équipes. Sinon en tant qu'animateur y'a rien à faire. En gros le boulot des animateurs c'est de séduire et manipuler si la séduction ne marche pas (ce qui est déjà problématique). Quelque fois ça va jusqu'au chantage, aux menaces, et plus rarement heureusement les animateurs sont violents (cris, humiliations, coups). Or en tant qu'animateur on ne devrait pas aller plus loin que proposer des animations, s'il y en a qui veulent participer, ils respectent le principe, sinon ils viennent pas. La faille, c'est que l'organisateur sait très bien quel public il recrute, à grand renfort de subventions et de beaux discours sur la mixité sociale (un truc qui ne veut rien dire), sur le droit aux vacances pour tous. Il recrute ceux dont les élus veulent se débarrasser : les élus donnent du fric aux associations pour qu'elles fassent dégager les jeunes loin des villes. Et l'organisateur recrute les participants avec des publicités alléchantes : séjour nautique? Pas de souci les jeunes s'imaginent peut-être à 4 par bateau en train de faire Nice-StTropez en sirotant un diabolo tout en bronzant sur le pont d'un grand voilier. Et ils se retrouvent dans des chambrées de 6 ou 10 mal équipées (douches dans le couloir) en Bretagne pour faire 2 séances de 2h de voile sur un séjour de dix jours... Avec des contraintes de groupe qui ne correspondent plus du tout à leurs aspirations, et parfois même il pleut... bref je force un peu le trait, mais je pense qu'il ne faut pas aller chercher plus loin les causes de la désaffection des jeunes. Et cet organisateur-là, il ne supporte pas qu'on lui dise que ses publics aiment la bagarre, qu'ils ont beaucoup de comportements irrationnels ou quoi. Non il veut pas, il dit "chacun est égaux" et hop on n'a pas le droit de lui parler. Donc aux organisateurs de savoir ce qu'ils veulent. S'ils font un boulot éducatif spécialisé ou un boulot de police, il faut qu'ils recrutent des éducs spés et des policiers. Il faut aussi qu'ils investissent dans l'immobilier.
  15. Je viens de le voir, pas la motivation de le re-voir pour analyser ce qu'ils racontent. Enormément de blabla, de fausses questions, d'hypocrisie et de consensus débiles. Je relève le fait qu'ils sont tous d'accord pour dire que c'est "un drame" que les enfants ne partent pas en vacances, un type a même dit "un constat poignant", on est dans le théâtre, ils font semblant, c'est un grand n'importe quoi. On s'en fout qu'ils partent pas en séjour, ils vivent quand même ces idioties de mixité sociale et vivre ensemble, mais ailleurs. Effectivement je crois qu'ils connaissent l'intérêt du tourisme, et c'est ça qu'ils veulent mettre en avant. Ils ont certainement raison. L'autre surprise, c'est qu'ils soient quasiment tous d'accord pour obliger les enfants à subir la mixité sociale. Évidemment ils ne la disent pas en ces mots. Mais franchement ce genre d'accord tacite pour obliger les masses à penser comme ci et à agir comme ça, c'est glauque et ça ne correspond pas à l'idée que je me fais d'une république. Dommage qu'il n'y ait aucun débat (même si quelques questions) sur le principe d'intégration des animateurs "volontaires" (le service civique est évoqué) aux équipes. Une intervenante a parlé d'animateurs volontaires et animateurs salariés dans la même phrase en les opposant, c'est bien, ça veut dire que nos élus ne sont pas forcément tous idiots ou manipulés. C'est comme le fait qu'ils parlent de colos, moi ça ne me choque pas, au contraire. C'est peut-être une preuve de recul par rapport à la mode qui consiste à changer de noms aux trucs collectifs tous les 5 ans. Cependant rien sur le fait que tous les animateurs saisonniers seront désignés comme volontaires. J'ai bien aimé aussi la question de la présidente : peut-on continuer d'opposer les organismes privés (les sociétés lucratives en tant que commerçants et profiteurs) et les organismes associatifs (qui seraient seuls garants de la qualité des séjours de vacances). Je pense que non, et au moins je suis content que la question puisse être soulevée... même si c'est sans conséquence. J'ai trouvé que leur façon de parler des anims qui bossent 24/24 (en gros) était couarde : la seule option qu'ils envisagent est un statut bénévole. Ils font des lois à la con toute l'année, aussi je ne comprends pas pourquoi ils ne tentent pas une véritable intégration des anims de colos au droit du travail. (avec une vraie indemnité)
  16. Quasiment certain que c'est pour installer le volontariat "de service civique européen". Tu n'as rien à craindre, juste à anticiper un peu (parce que la crainte c'est quand on ignore quelque chose, tandis que là je crois bien que ça va se produire). Le CEE ils vont l'utiliser comme écran de fumée pour mieux cacher le statut de volontaire de service civique qu'ils vont mettre en place, et qui consiste en un statu quo. Rien ne changera. Et bien se souvenir d'une chose : la liberté de choix n'existe pas. La raison la plus importante pour être volontaire, c'est d'avoir le choix entre ça et autre chose. Mais les promoteurs du SCE ne diffusent rien à ma connaissance sur un quelconque ratio entre les animateurs "professionnels" (les salariés) et les animateurs "volontaires" (bénévoles indemnisés qui sont là pour découvrir le monde du travail). Il est évident que les animateurs seront forcés d'être volontaires plusieurs années de suite pour mieux découvrir le monde du travail plusieurs fois, et que les employeurs vont tout faire pour pouvoir embaucher 100% d'animateurs SCE. Le motif qu'ils donneront est tout évident : "il faut faire des économies" (sur le dos des animateurs). Quand tu dis "sans aucun avantage pour les animateurs, je ne vois pas bien l'intérêt" : Mais l'intérêt n'est pas pour les animateurs. Il est pour ceux qui les forment, d'une part, et ceux qui les emploient, d'autre part.
  17. jean

    Les Colonies De Vacances Sont Désertées.

    "Trop chères pour les classes moyennes"??! lol Houlah... Oh... Ah punaise... Euh... Dites, j'imaginais pas qu'on pouvait trouver autant de débilités sur libé, rappelez-moi d'écrire à ASI, on sait jamais ça peut faire un papier intéressant s'ils mettent à jour les liens entre la commission parlementaire et les organisateurs de colos ou de formations d'animateurs. De toute manière ça passe comme une lettre à la poste : les élus n'ont rien à faire avec ça, ils lèchent les bottes de quelques gros organismes qui font soit de la formation d'animateurs, soit éventuellement de l'organisation de colos. Donc on a les gros organismes quasiment en direct là. Ils veulent instaurer le statut de "volontaire en service civique européen", donc on aura quelques annonces comme ça et puis hop, y'aura une proposition de loi qui ne fera rien d'autre... qu'installer un statu quo sur les vacances des enfants, sur l'indemnité des animateurs, et sur le fait, je vous le parie, que le renouvellement des animateurs restera constant d'année en année. C'est le fond de commerce des gros organismes qui pilotent ce projet de loi, la formation des animateurs.
  18. Et si on payait les animateurs sur le principe (qui doit être voté d'ici deux ans en suisse) d'une rémunération universelle? Le principe est de détacher le salaire de l'employeur. Ceci permettrait de ne pas corrompre les animateurs qui seraient ainsi libres de choisir un employeur qui correspond à leurs aspirations. Alors oui, c'est un peu trop communiste comme fonctionnement... Mais quand je dis que j'aime pas le principe de payer "plus ou moins" les gens selon... ben selon l'envie de l'employeur en fait, on me demande souvent "alors comment faire?" Donc voilà. Si l'argent peut corrompre les animateurs, c'est parce qu'ils gagnent plus avec certains employeurs qu'avec d'autres. Si la rémunération est la même pour tous et qu'elle est distribuée par un organisme indépendant, le lien de subordination peut disparaître par la même occasion. Qu'en dites-vous?
  19. Non je ne la connais pas, de mémoire en même temps d'autres messages avaient été postés sur d'autres sujets, avec le même pseudo et un âge différent. C'est pas évident à aborder, quelque fois sûrement c'est honnête, ou sans intention masquée. Mais par moment quand le méta du message parle autant que son texte, c'est tentant de faire une réponse un peu méta aussi. En l'occurrence une fille de 13 ans qui écrit aussi bien, "cordialement" et tout ça, sans une faute, et à minuit, je me souviens que j'avais trouvé ça vraiment étrange... d'où ma question.
  20. jean

    Et Si On Payait Les Animateurs Avec...

    lol Je pensais que ça serait contesté politiquement ou économiquement. J'imaginais pas qu'on dirait "non il vaut mieux garder le statu quo car ça a l'air trop pénible à mettre en place". Pourquoi tu dis ça, en fait? Depuis quelques années j'ai pas spécialement l'impression que ça soit compliqué. Regarde en 2011-2012, les députés français, contre l'avis des syndicats, ont réussi à mener en moins d'un an une réforme pour contourner le droit européen... et qui en plus se donne le droit de donner les repos quotidiens des animateurs en dehors de leur séjour. Quand on a réussi à faire un tel truc, donc un acte "de droit" aussi couard et anti-social, je ne pense pas qu'instaurer un système proche de certains concepts de sécurité sociale soit impossible juridiquement.
  21. jean

    Jeux De Presentation

    C'est écrit juste au-dessus. Tu veux faire un jeu de présentation pour présenter quoi?
  22. Quand on focalise tout sur l'argent, en effet on peut pas comprendre où ce que je dis est important. Vos enfants sont en bonne santé, en sécurité, ils vont bien, arrêtez de dire n'importe quoi. L'illusion selon laquelle les enfants qui ne partent pas en vacances seraient malheureux est diffusée par tous les vendeurs de tourisme et autres marchands de sommeil, ceux qui prennent vos enfants pour des clients (maintenant ils disent aussi "usagers" ou mieux "bénéficiaires"). C'est d'ailleurs le même discours fallacieux qu'utilisent les grands penseurs, lobbyistes et décideurs "de gauche" pour justifier qu'on ne paye pas les animateurs. Moi je suis démocrate, je ne vais pas m'amuser à raconter ces salades comme quoi des enfants qui ratent une colo passent à côté de l'événement de leur vie puisque c'est faux. Y'a des colos qui valent le coup, et d'autres qui ne valent rien. Pour l'absence de déclaration l'association semble être de bonne foi, d'après ce que je lis ici en tout cas. On s'est tous déjà plantés avec les déclarations administratives, maintenant y'a sûrement des erreurs du côté de l'association, en lisant ce qui est écrit plus haut, personnellement je ne comprends rien du tout, mais vous me direz : tout cela ne me regarde pas, ils écrivent ce qu'ils veulent. Un séjour annulé à cause d'une déclaration trop tardive (tout se fait par le web maintenant, on doit déclarer certains séjours au plus tard deux mois avant le début, sinon c'est bloqué) j'ai du mal à y croire, dans un cas extrême comme une vraie panne informatique où tout le monde est de bonne foi, on téléphone à la DDCS pour prendre rendez-vous, c'est toujours mieux que d'annuler un séjour... mais j'ai pas les éléments, comme on dit, alors ce ne sont que des suppositions. (après faut savoir que communiquer avec la DDCS au téléphone ou sur place, c'est rarement facile, bien souvent on ne trouve pas l'interlocuteur qu'on cherche parce qu'il est absent) Et il n'y a pas que la déclaration! Le contenu de la colo, l'équipe, le directeur, le pourquoi de la colo, le comment de la colo, les locaux, les moyens, le déroulement, les animations de la colo. C'est ça l'important!
  23. jean

    Langage Intoxiqué Dans L'animation?

    •Salarié : le mot est pas mal mais finalement il participe à laisser croire que le salarié est un privilégié, voire un profiteur, tandis que le bénévole est le seule à être engagé moralement et que c'est donc le seul qui fait de la qualité. Je propose de dire "qui est payé". Du coup il faut changer : •Animateur professionnel : je préfère dire animateur payé. Ou éventuellement animateur qui travaille. Le mot travail est pas mal puisqu'il fait bien le lien avec le code du travail dont dépendent les animateurs payés. •Animateur volontaire : il faut absolument préciser dans la dénomination qu'ils ne dépendent pas du code du travail, donc ils ne travaillent pas (et ils n'ont pas les mêmes droits que ceux qui travaillent, en particulier le salaire et les heures de repos). Il faut préciser aussi qu'ils sont là pour créer un renouvellement idéologique. Pourquoi pas animateur de renouvellement idéologique, bien que ça ne me convienne pas complètement parce qu'on oublie l'idée qu'ils ne sont pas payés. Après tout, tel que vanté par les promoteurs de l'animation volontaire, c'est une fierté de ne pas être payé car on déclare ainsi être incorruptible. Je pense donc que c'est mieux de bien clamer qu'on n'est pas payé. Donc animateur non payé pour le renouveau idéologique. On peut sûrement trouver une meilleure formulation.
  24. jean

    Volontariat

    Une page des CEMEA en travaux. Je cite : "[le volontariat] Cette forme d’engagement, différente du bénévolat et du salariat est une forme d’activité humaine qui doit être encore reconnue et portée." Le volontariat... de service civique européen : Je me demande si quelque part ils émettent l'hypothèse que le volontariat puisse créer un effet d'aubaine et dominer l'ensemble des postes de l'animation pour enfants. (de la même façon l'actuel contrat d'engagement éducatif qui est à la fois dénoncé par les syndicats d'animateurs, la cour de justice européenne... et même les cemea) Je me demande si quelque part on réfléchit au fait que le volontariat puisse être considérée par certains comme du travail très peu payé (comprendre "de la main d'oeuvre à bas coût") avec un contrôle administratif un peu renforcé pour l'engagement. Les organisateurs actuels étant manifestement pris dans une dynamique de concurrence capitaliste, malgré de nombreux contrôles administratifs, peut-on émettre l'hypothèse que le volontariat va devenir un problème? Une page : éditorial du VEN 544 "le volontariat, enjeu de société" Je cite : «La mixité sociale est l’un des objectifs assignés au service civique. (...) assurer la mixité (...) tant en termes de niveaux de formation, de genre, d’âge, de milieu social, d’origines culturelles, que de lieux de vie.» Plus haut, on peut lire : «L’accueil d’un volontaire en service civique, pensé avant tout comme la rencontre entre un projet relevant de l’intérêt général et un projet personnel d’engagement d’un jeune situe les missions confiées aux jeunes comme complémentaires de l’action des salariés et des bénévoles» Donc, la mixité sociale, c'est envoyer des jeunes pauvres faire de l'animation pour les enfants. Enfants pauvres, aussi? (c'était bien des pauvres dont il était question lorsque les organisateurs ont fait pression médiatique pour faire croire qu'ils ne pourraient pas organiser de séjours en 2012) Donc la mixité sociale, c'est des vieux salariés, des vieux bénévoles (?) et les jeunes, ils sont volontaires? Et si j'émettais l'hypothèse (abominable, vous me connaissez, maintenant ) qu'on laisse le choix aux jeunes d'être soit volontaires soit salariés? C'est ça la liberté. Salarié il est soumis à la hiérarchie tandis que volontaire, il n'est pas subordonné, c'est écrit noir sur blanc, sur la même page : «le contrat de service civique organise une collaboration exclusive de tout lien de subordination entre le volontaire et l’organisme qui l’accueille, à la différence d’un contrat de travail» Ceci dit je me demande : «L’accueil d’un volontaire en service civique, pensé avant tout comme la rencontre entre un projet relevant de l’intérêt général et un projet personnel d’engagement d’un jeune situe les missions confiées aux jeunes comme complémentaires de l’action des salariés et des bénévoles.» Comment ça "les missions confiées" ??! Qui confie les missions? Sûrement un ami puisqu'il n'y a pas de supérieur hiérarchique. Je suppose que le volontaire a le droit d'effectuer ces missions ou pas. _______________________________ Et pour le fun, un peu d'étude de texte sur un paragraphe : «L’accueil d’un volontaire en service civique, pensé avant tout comme la rencontre entre un projet relevant de l’intérêt général et un projet personnel d’engagement d’un jeune situe les missions confiées aux jeunes comme complémentaires de l’action des salariés et des bénévoles. Elles doivent permettre aux Ceméa d’expérimenter ou de développer de nouveaux projets au service des bénéficiaires de nos actions, de démultiplier l’impact d’actions existantes en touchant davantage de bénéficiaires ou de renforcer la qualité de ce que nous développons. Le dossier de ce numéro consacré au volontariat illustre cette implication.» Rencontre : mon oeil! Une réunion oui mais fortuite sûrement pas! Un projet relevant de l'intérêt général : tiens... comme les grandes fédés d'animation actuelles? Les salariés : dans ce contexte on a quasiment l'impression que ce sont des profiteurs. Bon... c'est quand même des gens qui travaillent et qui méritent largement d'être payés pour les services qu'ils rendent. "développer de nouveaux projets" ?? l'association souhaite diversifier ses pratiques? a-t-elle réellement besoin de mettre en branle une usine à gaz comme le volontariat pour y parvenir? "au service des bénéficiaires" ?? de qui? ah les bénéficiaires... les utilisateurs des ceméa? ah oui mais ils ne gagnent pas d'argent, juste des idées. "bénéficiaires de nos actions" ? de "nos idées", non? (puisque ce sont des actions qui servent à donner des idées) "démultiplier l'impact d'actions existantes" : toucher plus de monde (bon il y aurait sûrement à dire sur la similitude du vocabulaire employé avec le vocabulaire du monde des entreprises capitalistes, mais j'ai la flemme : "projet, engagement, personnel, missions, action, salariés, développer, service, bénéficiaire, impact"...) Donc ma traduction finale : Un volontaire vient de lui-même dans une structure parce que ses envies correspondent à ce que fait cette structure. Le volontaire fait des trucs que les travailleurs payés et les bénévoles ne font pas. Les ceméa souhaitent se diversifier, le volontariat est un moyen pour y parvenir. Ainsi l'asso des Ceméa répandra plus d'idées de meilleure qualité avec plus de monde. Pif paf pof... relecture... digestion... "tous les jeunes seront volontaires pour aider les ceméa à s'agrandir"
  25. jean

    Volontariat

    Ninto? peter? cemea13? je n'ai aucune idée de qui sont ces gens, s'il s'agit bien de trois personnes différentes... et je ne sais pas qui est mon interlocuteur d'il y a quelques jours. C'est spécial comme sujet, mais ça m'intrigue. Je raconte des bêtises à peu près tout le temps, pas seulement sur le volontariat, mais pourquoi soudain est-ce que ça fait tiquer quelqu'un qui ne se présente pas mais avec qui on a, je suppose, déjà évoqué le sujet? Quel est l'enjeu du volontariat dans l'animation?